THEME DE L’ANNEE 2025/26 : OSEZ LA GENEROSITE !

 

« Osez la générosité ! » 

L’injonction intrigue. Oser, vraiment ? Comme si la générosité n’allait pas de soi, comme si elle exigeait un effort, un dépassement. Et il est vrai que dans bien des situations, la générosité nous coûte, car elle oblige à se séparer de ce à quoi l’on tient – notre temps, nos biens, notre énergie. 

Dire « oser », c’est aussi suggérer un risque. Lequel ? Un risque de perte en capital, quand on donne ses biens, quand on offre un cadeau, quand on invite au restaurant. Un risque de perte de temps, à rendre des services. Un risque de perte affective, à manifester sa bienveillance, son amitié, son amour, en s’exposant à l’indifférence ou au manque de reconnaissance en retour.

Mais alors, qu’est-ce qui pourrait être suffisamment fort pour nous inciter à être généreux ? Que pourrait-on bien gagner à être généreux ?  

La question peut sembler paradoxale : chercher l’intérêt de la générosité, n’est-ce pas déjà la trahir ? Être généreux, n’est-ce pas précisément faire preuve de désintéressement, placer l’autre avant soi ?

  Et pourtant, tout intérêt n’est pas nécessairement égoïste. On peut avoir intérêt à être généreux, en ce que la générosité renfonce le lien à l’autre, renforce la relation.Par la générosité, on montre qu’on est intéressé à la joie d’autrui.

Un acteur généreux, par exemple, ne se contente pas de jouer : il se donne. Il offre au public la possibilité d’être saisi, ému, transporté. Sa générosité est à la fois don et création, abandon et puissance.

Oser la générosité, ne serait-ce finalement pas consentir à une autre manière de gagner ?